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christiandiez
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Ce blog témoigne entre autre de l'oeuvre de l'immense peintre et laqueur décorateur Manuel Diez.
Catégorie :
Blog Journal intime
Date de création :
30.09.2007
Dernière mise à jour :
30.09.2007
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Celui qui prie a de l'esprit ( Christian Diez ).

Posté le 30.09.2007 par christiandiez
Manuel Diez Matilla (1928-1991)





Textes autobiographiques mis au propre et traduits par son fils, Christian Diez Axnick.
























































I. Le jour de l’incendie de Santa Catalina, qui a eu lieu le13 mars de l’année 1957, fut pour
Moi un jour de tristesse, et la nuit et les jours qui s’ensuivirent marquèrent le reste de mon existence de contrariété, malgré les 30 années passées depuis ils n’ont pas été oubliés ni ne seront oubliés.
La fumée de cet incendie, a tiré comme un large trait dans le parcours de mon existence puisque c’est au cours de ces jours que je décidais de venir en France.
Tout fut, comme par hasard, un tumulte de coïncidences. Et aussi de divergences.
Après, combien de fois ai-je pensé à la facilité avec laquelle, en quelques heures, en quelques
jours, le destin nous emmène ou il veut, comme le vent emporte les bouchées (1) d’un nuage de
fumée (2) en tourbillons.
Le jour ou l’église a brûlé j’étais occupé à mettre des fagots de pin au four, en train de cuire
des briques. Les briques, lorsqu’elles sont froides, et exhalent l’humidité contre la chaleur, le four expire une fumée en fumerolles blanches comme des nuages de coton, mais, en cuisant, quand la fournée arrive aux hautes températures, jusqu’à la fumée s’égoutte, le recuit, et sort comme écrasée en formant un colimaçon fin et blanc, dense et noir.
C’est que le cœur du four était rouge, c’est que la chaudière se cristallisait en formant dans les arcs des stalactites de céramique liquide.
C’était alors le moment de commencer à fermer les sorties avec des purées d’argile empaillées.
Quand mon frère me donnait la nouvelle, au début, c’est naturel, je ne l’ai pas cru.
Plus près il vint me dire :
- En ce moment l’intérieur de l’église est déjà comme un brasier, comme la chaudière que tu as devant toi … me disait-il.
En effet, c’était vrai.
- Regarde ! ..., me disait-il en indiquant le firmament tout là-haut, par dessus ce que nous
appelions la pierre du grelot … Tu vois ? …
C’était la fumée. Une fumée noire et compacte qui montait en s’inclinant légèrement dans l’espace.
- Santa Catalina est en train de brûler ! ! nous cria un cultivateur monté sur une malle, depuis la route.
Il était difficile de l’admettre sans le voir de près.
Il était difficile de la croire sans monter le voir.
- Ne monte pas ! ! criait mon frère, il ne reste plus rien … le toit s’est effondré sur les flammes. Il t’arriverait un malheur, car il ne reste plus rien …
Ce n’est pas possible ; ce n’est pas possible !
Quand je suis monté au village, il ne restait en effet plus rien. Les flammes avaient déjà tout dévoré …
La fureur du feu s’était déjà passée et calmée.
Les voisins du village étaient là, déconcertés, désolés muets et crispés.

… de près.
Déjà quelquefois, dans l’église quand je me retournais pour le regarder, je recevais dans les épaules la sensation d’une menace.
La personne qui m’aimait le plus, à cette époque je m’en souviens me disait : « Tu n’as pas peur toi tout seul dans l’église ? - surtout qu’il ne t’arrive pas d’inviter qui que ce soit, à tout hasard. »
En effet, les gens disaient que Barrona était capable de venir fermer la maison de qui l’inviterait.
Comme ça, dans l’intimité de l’église il semblait respirer…
Parfois il paraissait avoir changé. Parfois son sourire était plus ironique que cruel.

(1) Partie de la fumée qui se jette en fumant
(2) Abondance de fumée
Un jour je me rappelle qu’en dessinant je lui ai fermé la bouche pour éviter le sourire ( avec ma main, sans le toucher, bien sur, déjà que je ne crois pas avoir touché ces sculptures avec les doigts ni une seule fois ).
Une fois la bouche couverte, Barrona, sans le sourire, paraissait moins mesquin.
Seuls les yeux suffisaient à manifester l’âme … . Insensé. Irresponsable. Habitué, il a vu d’autres condamnés désespérés et la mansuétude de Jésus le remplit de fureur. Celui-là est, sans le sourire et sans sarcasme, les yeux restaient emplis de fureur. Celui là était Barrona.
On pourrait dire autre chose du pharisien qui faisait front à Jésus, en équilibre contre un mouvement brusque. Il arrache déjà de toutes ses forces et avec ses deux bras la tunique collée aux blessures de Jésus ( en d’autres temps ce passage eut une autre signification et s’appelait « le tournecheveux ».. Les saints évangiles ne nous disent pas que Jésus souffrit ce supplice qui consistait à arracher la chevelure des condamnés en leur enroulant une corde dans la nuque et en tirant fort avec des coups ).
Les moines de la confrérie, il y a déjà pas mal de temps avaient décidé que le tournecheveux soit converti en nudité ». Il suffit en effet de supprimer les vêtements et de mettre à la place une tunique mouillée.
Evidemment j’avais déjà mon opinion, je préférais simplement la première version. Dans les défilés processionnaux, la tunique traversait d’un coté à l’autre du cortège, et coupait beaucoup de visibilité. L’air ne circulait pas entre les deux sculptures et le mouvement se coupait.
Les mains de Jésus très avancées vers la croix étaient à elles seules deux œuvres d’art.
Ces deux mains devaient être liées à une extrémité de la corde et … être de coté opposé par la cagoule du farisien.
La corde aurait convenu au groupe mieux que le velours brodé.
Ce n’était pas des mains taillées pour être occultées ( par la soie ). En effet, ce n’en étaient pas.
Cet individu trapu et déjà désaligné lui-même, le pantalon tombé montrant la chemise, regardait Jésus de front avec un regard droit et plein de ce qui … dans ses lèvres serrées en un rictus féroce - contraire que Barrona n’était pas un sourire noir de haine.
… Nez aquilin … et moustachu, dans la tête … d’un seul pic, terminé en une … qui tombait sur un froncement de sourcil plein d’ombres.
Sur ses yeux il y avait une verrue qui faisait de ce personnage étrange de méchanceté et de regard obscur une personne pleine de méchanceté.
Le sang avait couru tout au long de l’épaule depuis les premières heures de la matinée. Un sang coagulé, sec et noirci durant les longues heures au-dedans et au dehors du prétoire. Pilate demanda qu’on l’assiste et pensait le libérer.
Certaines gouttes de sang frais avaient jailli récemment ..., au moment de retirer la couronne d’épines pour faciliter l’expoliation ou le tournecheveux imaginé par le sculpteur.
Le polychromé était presque parfait, jusqu’au plus petit détail.

La bouche entrouverte, le regard … et brillant se perdait dans le vide comme si Jésus regardait à l’intérieur de lui-même.

Malgré un rubis de sang qui glissait par la paupière et un autre sur la lèvre de Jésus, Jésus donnait une impression de douleur et de résistance.

Les courbes de l’avant bras des mains paraissaient indiquer le madrier disposé sur le sol et l’un de ses pieds paraissait avancer aussi vers la croix.



entrecejo : espace entre les sourcils.

Toutes les lignes de la sculpture, en déséquilibre et en mouvement, paraissaient s’offrir au sacrifice. Le même thorax, blessé et ensanglanté de coups de fouet paraissait disposé à tomber vers l’avant sans forces ni opposition. La nuit d’avant, durant la cène, Jésus avait dit à Judas
« Ce que tu as à faire, fais-le vite » et le sculpteur parait avoir compris l’anxiété profonde de la phrase. En effet, dans les lèvres entrouvertes de Jésus il y avait quelque chose d’amer mais aussi comme la soif de sa vision.
Les femmes de Santa Catalina lorsqu’elles le vêtissaient de la tunique et lui mettaient les trois puissances d’argent sur la tête, le caressaient et le baisaient et le frottaient avec … d’œuf pour qu’il brille et le baignaient de parfum. C’était une cérémonie annuelle idyllique proche de l’idolâtrie. Les autres personnages du passage se contentaient d’un bon coup de plumeau à leur sortie de l’armoire.
Mais les pieds de Jésus sentaient le nard comme le jour de la cène dans la maison de Lazare. Moi j’admirais et adorais ces femmes pleines d’enthousiasme rappelant la … du rédempteur.
Dans certains … le polychromé avait disparu donnant vue au bois presque nu sur toute la hauteur des jambes et des pieds qui étaient mal à la portée des fidèles. Les lèvres et les baisers de milliers de chrétiens, paraissaient avoir enrichie la beauté de la sculpture.
Le couleur et le … du bois en transparence à travers le polychromé sous les veines et les gouttes de sang, évanouies donnait à la sculpture une sensation d’épiderme authentique animée de palpitations.
Parfois en voyant Jésus devant moi, je ne pouvais moins penser et essayer de calculer combien de générations de fidèles depuis l’enfance étaient venus le caresser durant les jours de pâques, ( et de l’enfance ) jusqu’à la vieillesse.
Moi pour ma part je me rappelle comme si c’était hier, ce Vendredi Saint, ou pour la première fois mon père en me prenant … épaules m’inclinant vers les …, me plaça à la hauteur des pieds de Jésus pour les embrasser. Depuis en bas j’ignorais que Jésus était pieds nus.
J’étais bien petit entre cinq ou six ans. Convertis en … en l’espace de quelques secondes monté au dessus de tous. Non seulement j’ai pu voir les pieds, sinon aussi les embrasser sans les toucher et sans retirer le front de l’arbre qui me portait.

Il est curieux de penser quand tant d’années et tant d’évènement ont passé, comment et pourquoi il y a dans le fond de notre existence des fractions de minutes qui se gravent pour toujours dans la mémoire à coté d’une mer d’heures oubliées et perdues. Moi je me souviens bien de mon père à ce moment là. Et la sensation du baiser.
Je me souviens surtout de la présence de pieds déchaussés et ensanglantés et très froids. On ne savait pas pourquoi ils étaient froids. Moi je ne savais pas pourquoi, dans ce morceau de calvaire, à m’approcher cela sentait le nard. C’était la première fois que je montais si haut, la première fois que je sentais cette odeur si bonne, ce parfum d’un prix si élevé…
En voyant Barrona, j’essayais toujours de la surprendre dans d’autres attitudes. Debout, … de petites stature.
L’évangile dit que les soldats divisèrent les restes des vêtements de Jésus en quatre parties.
Moi parfois je pensais si ce n’était pas Barrona qui avait eu l’idée le premier de diviser la tunique en morceaux.
Certains par erreur appelaient Barrabas, le pharisien qui tirait la tunique de Jésus.
… question de lui donner un nom. Ce n’était pas Barrabas. Ce ne pouvait être Barrabas. Ce ne pouvait pas être Barrabas. Je ne crois pas que Barrabas, une fois libéré serait resté dans les alentours de Jérusalem.
Une fois il aurait été gracieux après avoir été condamné, il serait parti loin ou se cacherait.
En aucun cas il ne serait venu au calvaire, de peur d’être lui-même condamné.
Il est certain que les gens appelaient Barrabas une personne désalignée, mal vêtue ou de mauvais comportement, et ce pharisien avec les pantalons tombés, méritait le nom.


Durant l’incendie et les jours qui suivirent, s’opérèrent au village toutes sortes d’hypothèses et de commentaires. Comme dans tous les genres d’accidents il fallait trouver le coupable, le responsable, ou, au moins, le simple motif, et la cause de l’incendie.
Je le pensais pour moi-même, que si ce jour j’avais pu venir dessiner à l’église comme les années précédentes, peut-être ne se serait-il rien passé.
Qui pourrait le savoir ?
Cette année, à cause du travail, je n’eus pas l’intention de venir. Le dessin et la peinture n’étaient qu’un plaisir qui passait après les autres obligations, une fois le devoir accompli, et de toutes les façons la décision de partir vivre en France était prise. La fumée de cette fournée de briques, qui montait au ciel en même temps, était bien la fumée et les … de la dernière fournée.
Un peu après, le fil de mon existence devait prendre aussi dans l’espace une autre direction bien différente.
Il y a des moments et des fractions de minute dans notre existence, qui se gravent avec une intensité inébranlable je disais tout à l’heure, mais il y a aussi des jours et des jours sans sensation, des nuits et de semaines qui passent dans lesquels il n’y a rien à graver. Pour donner fin à une longue période de monotonie, je décidais l’aventure de changer de pays, de partir loin.
Durant ces jours, entre temps, les confrères avaient décidé que la procession du Vendredi Saint s’effectuerait et sortirait ses images des décombres de l’église et qu’elle ferait le même parcours et le même horaire.
L’idée seule m’impressionnait déjà.
Les confrères transporteraient une croix immense au milieu d’une procession vide et formeraient les groupes dans leur postes respectifs ceux qui devraient s’être chargé avec les images. La pénitence était, ainsi, presque insupportable.
Mais ce fut ainsi, ainsi, la procession sortit et effectua le parcours habituel, ainsi se termina ce Vendredi Saint exceptionnel, le matin et les confrère, en terminant ce chemin de croix, en se retirant les capuchons, et en se regardant les yeux rougis, ces hommes, ces chrétiens à l’intérieur de la tunique, s’étaient isolés pour pleurer et prier pour une fois, plus pour pleurer que prier.
Simple vue; très simple ! Les trous de capuchon du nazaréen servent pour voir l’extérieur sans être vu. Le pauvre nazaréen ne voit rien. Les trous de l’extérieur du nazaréen servent seulement pour définir le chemin. Pour suivre le nazaréen. Le nazaréen va isolé, fermé dans sa pauvre tunique pour se voir mieux lui-même. Pour concentrer son attention sur la passion du Seigneur et avoir le temps de comprendre ce qu’il rencontre à son coté.
Quand les passionnés d’art imitent un mouvement ou un musée ils se convertissent en enfants, moi je ne sais pas au moyen de quelle métamorphose, et il laissent s’extérioriser un enthousiasme la plupart des fois tapissé d’une ignorance infantile.
Ceux qui visitent le Louvre, par exemple savent très bien qu’ils ont traversé une ou deux ou trois nations pour voir la Vénus de Milo ou la Joconde.

Il n’ont pas fait des kilomètres pour rien et s’ils ne les trouvent pas à la porte, il demandent tout de suite ou ils peuvent les trouver, avec une impatience absurde.

En revanche ils passent sous les ailes de la Victoire de Samothrace sans lui dire bonjour, loin d’être plantée dans l’escalier d’honneur, ils croient que c’est un élément de décoration de l’entrée et que la vraie Victoire sera à l’intérieur et avec tête, simplement parce qu’ils la connaissent moins et croient que c’est l’ange gardien du musée.

Quand la Joconde a rendu visite au Japon elle-même, on a fait un emballage spécial pour qu’elle flotte seule en cas d’explosion ou de naufrage.





Le voyage de la Grande Dame a coûté des milliards au Japon et lorsqu’un journaliste demanda à un japonais ce qu’il pensait de cette œuvre d’art, il répondit que la Joconde avait un regard un peu malicieux comme si elle était en train de dire à son fiancé « Chéri, tu as la braguette ouverte ».
Mais j’exagère un peu.
Tous les millions de japonais qui eurent cet honneur de voir la Joconde ne lui firent pas de compliments si intelligents. Tous les millions de gens qui visitent le Louvre n’ignorent pas qu’il y a dans ce sanctuaire d’autres merveilles qui méritent la priorité de nos attentions.

Moi je me passionne parfois à chercher dans le recoins des salons et des couloirs l’œuvre d’art discrète et moins populaire qui est passée inaperçue dans d’autres visites et que je découvre avec calme et délectations en me reprochant de na pas l’avoir découverte et appréciée avant. Il y a parfois discrètement cachées de véritables merveilles inconnues injustement, parce que moins publiées dans les livres d’art, moins photographiées ou moins mises en valeur par la place qu’elles occupent dans le musée.

Face à Barrabas, à l’extrémité opposée des handas, le soldat, qui avait une lance dans la main droite, semblait parler avec Jésus ou communiquer aux autres un quelconque ordre reçu de ses supérieurs, en faisant, en même temps avec la main gauche un geste autoritaire et viril. Au principe son regard de soldat terrible devait se diriger vers Jésus, comme situé au centre des regards terrifiants des deux autres personnages, mais en occupant la place dans de nouvelles handas, cette sculpture avait été légèrement déplacée.

Ainsi, ce mouvement, paraissait converser avec le spectateur de la scène, et son expression prit comme un autre sentiment.
Par exemple, dans le défilé processionnel, après l’avoir vu passer de dos il semblait appeler notre attention sur la gravité de ce qui était en train de se passer.

C’était en somme ce soldat romain du paso de la nudité, pareil que cet autre soldat romain que peindra le Gréco dans le tableau de l’expoliacion de Tolède, sous les pinceaux du Gréco, tous les regards convergent vers Jésus, situé au centre de la toile.

Tous, sauf celui de ce fameux soldat également en armure qui, pendant que les autres arrachent le tunique écarlate de Jésus, nous regarde de front et d’une manière presque impertinente et nous cloue les yeux pour indiquer la personne centrale.

L’effet, était le même, la scène, la même. Le personnage droit et altier, la même finalité secondaire de tirer notre attention vers le thème principal : le crime qui est en train d’être commis. Le crime de sang et la condamnation que lui même a reçue écrite et scellée dans le prétoire.
La scène, était presque évocatrice. La lance, dans sa main, instinctivement, nous faisait penser à la plaie de la côte de Jésus mort. Et c’est qu’il pensait que plus tard, recevant aussi celui des soldats qui pourrait exécuter cet ordre de casser les jambes des crucifiés et les retirer le plus tôt possible à cause de …, tout nous faisait penser si ce serait aussi ce soldat celui qui mettrait cet ordre en exécution, et que rencontrant Jésus et mort, lui clouerait la lance dans la côte en le blessant après qu’il soit mort.

En brûlant Santa Catalina, lorsque tout a brûlé, et aussi au cas ou le village entier aurait brûlé,
moi j’aurais gardé pour ce paso une tendresse et une immense amertume, pleine d’une amère contrariété.


Le jour de l’incendie, et plusieurs jours après, les commentaires et les conclusions de quelques uns de mes concitoyens me laissaient perplexe.
Chacun disait ce qu’il lui passait par la tête, avec la meilleure intention du monde sans penser s’il faisait bien ou mal.
Les Toresanos, dotés d’une imagination riche et substantielle, ne sachant pas comment la première flamme aurait surgit, inventaient dans leur fantaisie toute une classe d’étincelles imaginables.
Si à cette époque, ou personne ne le savait, excepté si l’aimable personne qui me laissait la clé avait su avec quelle facilité j’entrais et sortais de cette si aimée et respectée église, on se serait imaginé qu’au frottement du crayon contre le papier, j’aurais eu part dans le sinistre.
Seulement cette année, pour avoir eu personnellement d’autres préoccupations graves, spécialement, je n’avais pas réclamé la clé. Cette année, avec beaucoup de peine et de tristesse, je ne vins à l’église que lorsqu’elle était un tas de cendres couvertes de vapeur, mouillées inutilement. Les cendres de quelque chose qui m’avait fait rêver, durant l’enfance et penser et sentir durant une bonne partie de la jeunesse, et, ensuite, étudier. Etudier beaucoup. Etudier les évangiles et les acheter et les compléter par ordre chronologique.
Etudier la vie et les œuvres des autres sculpteurs imaginatifs de Castille et les différentes sculptures et essayer des les situer dans le temps avec les documents qui me tomberaient entre les mains et la richesse des détails bien inspirés et venus de ce grand … inexportable que sont les évangiles.
Pour me consoler de l’incendie de Santa Catalina je crois avoir visité en différentes époques et voyages tout ce que la Castille possède en imagerie. Très, et immensément riche en saveur et polychromie.
Trente ans ont passé, et d’une manière obstinée, et fréquente, quand je me souviens du paso, je sens la même tristesse. La même contrariété que le jour de l’incendie.
Ces trente ans ont déjà passé, et … je me souviens bien, que le jour de l’incendie et tous les jours qui suivirent ni les autorités de cette époque, dans les brefs discours qui suivirent ce désastre, ni dans les chroniques que les journalistes publièrent à cette époque, détallant la valeur inestimable des pertes, à ma connaissance aucun ne fit un hommage complet ni n’écrivit quelques paroles de sentiments envers nos honorables prédécesseurs capables de nous avoir donné, gratuitement la plupart des fois un héritage immensément riche et incomparable que nous n’avions pas été capables de préserver du danger et de garder convenablement.

Aucun des Torésanos que je connaissais, durant ces jours fortement préoccupés de rechercher la cause de l’incendie ne se sentit lui-même responsable ni culpabilisé ni honteux je n’ai jamais pu entendre, dans mes ouies à mon souvenir, quelque chose qui puisse être un éloge ou un baiser ou un remerciement envers nos pères. Nos pères de l’art.
La nuit qui suivit fut longue et pleine de silences et le ciel propre semblait être plus empli d’étoiles que jamais. C’était une nuit impressionnante, je m’en souviens bien. Je l’ai passée ainsi, en train de travailler, éblouissant parfois par la lumière de l’intérieur de la chaudière du four. Voyant s’évanouir les branches du pin entre le rouge et le bleu intense au coup de fouet de la brise froide, froide parfois, pour me rendre compte aussi que le silence de la nuit n’était ni complet, sinon couvert de notes musicales.
Pendant la nuit, les Jésus de Valdévi dorment protégés par un bruit de professionnels du meilleur orquestre, qui allument l’obscurité de guirlandes, de lumières minuscules et de sons.
Moi j’avais l’impression qu’à partir de cette nuit déjà tout devait changer.
Quand l’aube arriva s’était terminé. C’était le moment de couvrir le four, et de se reposer. Mais avant de se reposer de manger. Avant de se laver, manger.





A l’arrivée du matin, je me souviens avoir eu plus faim que jamais. Comme si cela faisait des jours que je ne mangeais pas. La lumière intense du soleil naissant blessait les yeux fatigués. Maos rien ne m’empêchait de regarder le disque de métal brillant récemment lavé par les éponges de brumes qui montent des briques de (…). Je crois que j’ai dormi tout le jour et après toute la nuit.
Pendant 24 heures il y a du temps de faire des tours, et des tours aux rêves.

Et quand je me suis réveillé, comme récemment repassé, je me rendis compte qu’au contraire dans la tête, tout était retourné et froissé.
Tout se mélange, parfois, dans le cerveau. Comme disent les français « tout s’embrouille ».
Au loin en voyant le train s’éloigner et cheminer, je me sentis à la porte de la maison.
Il était arrêté à San Roman, (?) repartir de vers…castremno (?).
Le voyage, la route, la mauvaise ou bonne chance, l’incendie ou la fournée, et les bassesses de quelques uns.
Tout paraissait avoir fondu dans le chaudron, dans l’incendie, et les stalactites diluées déjà par la fraîcheur du nouveau matin.
Moi aussi j’avais senti ce jour tempéré et brillant. J’avais beaucoup parlé avec ma mère. Je lui fis comprendre que la seule solution était de partir.
Il n’était pas facile d’accepter, ainsi, à simple vue. Il faudrait définir et modeler l’idée.
Malheureusement, aucune œuvre d’art ne peut se faire à l’idée d’une séparation.
Lorsque le moment arrive, le paysage du fond s’oxyde, et tout se dégrade. Moi je savais que dans ce moment commencerait la décomposition du noyau de la famille. Mais les dés étaient déjà jetés, et moi j’allais partir. Je ne savais pas encore ou, ni quand, ni comment.
Pour le moment je n’avais pas d’argent, mais j’avais la certitude que je prenais le train et je m’en allais loin, dans ce cas le plus loin possible, dans un quelconque endroit ou je descendrais je serais mieux qu’ici. A Toro je sentais à cette époque une sensation d’asphyxie.
Il y avait dans les écoutes de la fondation il y a déjà plus d’un demi-siècle, une institutrice qui en rentrant avec nous, imprégnait la classe de sa douceur. J’étais moi, bien petit, mais je me souviens d’elle comme si j’étais en train de la voir et je la voyais probablement plus grande qu’elle n’était en réalité. Et pour cette raison je me souviens d’elle grande et menue, vêtue de noir, avec les cheveux déjà blancs et les lèvres fines et un peu bronzées, le sourire toujours en fleur. Elle s’appelait Doña Carolina. Les parents des enfants que nous étions disaient simplement d’elle qu’elle était très affectueuse.
Elle était plus que tout ça ; elle était la tendresse. Son affabilité laissa une constellation de cœurs à Toro qui l’ayant connu tous petits n’ont pas pu l’oublier.
Bien des années plus tard elle aimait tellement les enfants qu’elle les contagiait d’affection.
Cette grande dame, un jour, avec une cordialité que nous n’avions toujours pas méritée, essayait de nous faire comprendre nos amours.
Les amours, par lesquels nous allions passer, les amours par lesquels allaient se filtrer nos vies. Chacun de nous notre vie.
Comme si c’était une tâche facile !
Ce sont des paroles exactes, évidemment, je les ai oubliées. Le texte essentiel je l’ai bien appris :
Elle essayait de nous faire comprendre qu’il fallait nous aimer les uns les autres et que le cœur s’estime en réalité beaucoup pour qu’il y ait un creux d’amour pour tous.
« L’amour le plus grand est l’amour que nous ressentons envers notre mère - nous disait elle -la mère qui nous a mis au monde et qui a guidé nos premiers pas.
Et comme il y avait un enfant orphelin dans la classe, elle le serrait contre elle et continuait en disant :
« Il y a aussi un autre amour immense qui nous guide et nous console et nous protège qui est Marie, Mère de Dieu et Notre Mère. Mère de nous tous. Mère consiliatrice. Et, après, quand vous serez grands, vous rencontrerez un autre amour qui dort en chacun de nous.

C’est l’amour pour la mère patrie.
C’est aussi l’amour pour la petite patrie, le coin ou nous naissons. Et la nation à laquelle nous appartenons.
En ce qui me concerne, l’amour maternel je l’ai compris tout de suite.
Moi j’ai toujours vécu…, comme ils disent.
L’amour envers Marie mère du ciel, n’est pas… vrai (?), emplissait encore beaucoup le cœur.
Quant à la patrie j’étais moi un mauvais ou petit patriote. Par contre, étant de Toro, je me sentais déjà bien torésano.
Je préfèrais déjà être de Toro que de Tagarabuena ou Péllas, Valdefuza… les trois grandes cités que je connaissais parce que je les avais explorées en âne avec mon père.
Il a fallut qu’il passe beaucoup d’années et beaucoup de gouttes d’eau (?) sous les cinq piliers pour que, enfin en criant España, moi je me sente espagnol et patriote. C’est mon amour qui dormait là bas vers l’intérieur ( très à l’intérieur ).
Je dus perdre la mère Patrie pour l’aimer.
Par contre cela faisait déjà longtemps que j’avais adopté Marie, il n’aurait pas été nécessaire de perdre la mère d’en bas, pour aimer la mère d’en haut.
En parlant avec mes compatriotes, certains me disaient n’avoir rien appris à cette époque.
C’est qu’ils ont perdu l’horloge et la mémoire.
Si ; moi j’applaudissait, entre autres choses, l’horloge, le fonctionnement de la sphère.
Comment on mesure le temps, en secondes et en siècles. Cela semble comme un chose sans importance.
A moi c’est Doña Adelitia Purilla qui me l’a enseigné, le plus curieux et digne de savoir et de rappeler c’est comment. De quelle façon elle nous l’a enseigné. Elle nous l’a enseigné !
Durant la récréation, sous la treille du patio, dans mon recoin de terre d’ou l’on pouvait encore voir l’Arc de l’horloge elle nous disposait garçons et fille en cercle et la plus petite au milieu. C’était le sommet de la sphère. C’était l’axe des aiguilles. Les aiguilles étaient également formées par les bras des élèves. Le plus grand, indiquait les minutes, le plus (…)
indiquait les heures. Chacun de nous étions ( une heure ) nous représentions une heure distribués en cercle. Tout me semblait être autre chose qu’un jeu.

L’importance de ce jeu D.A. nous l’expliquait après, en classe.
En quelques jours, en jouant, nous avions appris à couper le temps qui passe.
Plus tard elle traita de nous expliquer le mystère des secondes et l’instant fugace du présent.
Comment il vient et se perd sans cesse pour former les heures et les jours et les années.
« Si vous jouez aux billes vous en laissez tomber une de la poche - nous disait elle - et à la ramasser vous la laisser tomber à nouveau et la reprenez de nouveau, le geste est le même, mais la fois première appartient déjà au passé. Et également aussi déjà la seconde.
Et si vous gagnez la partie et si vous mettez la grande bille dans le trou, dans le moment de gagner la partie est déjà perdue, parce que le temps l’a emmenée et c’est déjà la partie des siècles.
Ce n’était pas facile à comprendre.
Pour nous, à cette époque, la partie gagnée était toujours plus gagnée que la perdue.
Le problème sera de comprendre ( et cela D.A. ne nous le disait pas ) si nous les enfants n’étions pas tous un sac de billes qui roulent dans le temps et gagnent et perdent la partie et même s’ils la gagnent, ils la perdent dans le … du temps.
Mais tout cela nous l’apprendrions plus tard.
Pour le moment, mesurer le temps était un simple jeu, inoffensif.
Un jeu dangereux, mais un jeu.
Une autre chose que j’ai apprise dans les écoles d’Allende fut à écrire.



J’ai toujours été correct dans l’écriture et je me suis toujours enorgueilli de cette qualité simple et modeste à la fois.
C’est Doña Pilar Calle Marquina qui m’a enseigné à écrire.
Je ne peux pas l’oublier.
En plus du poids de l’affection, la sympathie qu’elle me tenait et elle est arrivée à me mettre les trois ou quatre b… de Miranda Padadera sur la tête à propre coup de bâton.
Elle était boiteuse et cogneuse. En plus elle frappait avec la gomme du bâton ce qui était ce qui faisait le plus mal.
Quand elle terminait la dictée, se croisaient les … entre la botte haute et le bâton, nous ne le voyions pas venir, mais nous le sentions.
Un jour elle est arrivée à me donner trois coups de bâton suivis un pour chaque verbe en les criant.
« Bouillir ! Servir ! et vivre ¡
Cela me laissa sec mais les verbes je ne les ai pas oubliés, parce qu’au rythme du bâton elle me les a bien chantés.
Moi je l’aimais vraiment, ainsi comme pour sa famille et je fus toujours reconnaissant de sa claudication, et bien je reconnais que sans bâton j’aurais continué à mettre des queues aux V et a marcher avec H, et bien le verbe marcher est celui qui me coûta le plus de coups de bâton.
Moi je m’imaginais qu’on ne pouvait pas marcher sans mettre le H par devant.
Et bien, D.P., qui boitait, me fit marcher correctement. Ce n’est pas pour en être reconnaissant ?
Si je parle ouvertement de ces trois femmes, leur faisant à ma façon le meilleur hommage, qui est celui du cœur, ce n’est pas seulement, pour l’amour que je puisse avoir envers les personnes simple et envers les choses simples et fondamentales.
Depuis que je suis en France j’ai vu disparaître toutes ces choses simples si nécessaires.
Ici aucune enseignante ne pourrait gronder un élève ( ne pas nous laisser lui donner une petite baffe et encore moins une caresse avec la pointe du bâton ). Seulement à gronder un élève, l’enfant qui se traumatiserait, et le psychiatre et viendrait et les papas se plaindraient à la réunion des parents d’élèves, en feraient part à ces messieurs de la direction et l’enseignante se jouerait le pot-au-feu, comme ils disent dans ma petite patrie. Une petite baffe, parfois, fait partie des choses simples et nécessaires. Je n’ai jamais usé de ce moyen avec les miens, parce que cela n’a pas non plus été nécessaire, mais je reconnais que depuis que j’ai résidé en France je suis passé par le reine de quatre présidents, DG, P, VG et M. Comme chacun d’eux à accompli de ( gouvernement ) non quand ( … ) ….
J’ai vu divers ministres qui se sont occupés de culture et de régime scolaire.
A chaque fois chacun d’eux a traité de changer les statuts et de les améliorer et la plupart des fois, en critiquant l’antérieur, partir de bases nouvelles, chaque fois plus adaptées au progrès de la vie actuelle sociale et économique.
Le résultat de tant d’efforts, est bien désastreux. Actuellement il y a plus d’analphabètes qu’il n’y en a jamais eu.
Les jeunes ne savent ni lire ni écrire. Les jeunes un grand nombre de mademoiselles secrétaires ne connaissent pas correctement leur langage. Les petites courbures en f ne semblent pas avoir l’importance qu’elles eurent dans des temps passés. La beauté de l’écriture n’a pas le même enchantement. La rhétorique n’existe plus. L’alphabet, ce groupe de lettres volantes ne s’apprend plus. L’enchantement de la sphère meurt aussi.
On appuie sur un bouton et s’allument à la fois l’heure, le jour et le mois, et on peut arrêter la minuterie si on veut.
Les personnes n’achètent plus de livres et si elles les achètent ne les lisent pas. C’est le moment de l’illustration ou de la diffusion de l’écran familial TV. Dans le trajet les hommes lisent les grands titres à sensation des journalistes, les BD et les revues apportant de l’image, plus que du texte.
Le contenu n’a plus d’importance, n’est bon que ce qui flotte dans la superficie facile de l’assimilation sans aucun effort.
La télévision qui est actuellement plus sportive que culturelle, plus incorrecte que jamais, plus stupide que jamais, est la seule fascination.
Moi même, je ne lis plus. Avant j’achetais au moins les livres primés en novembre, pour les lire et les offrir en décembre aux personnes qui lisaient encore. Tous les ans cette tâche m’enthousiasmait en donnant à chacun ce qui me plaisait à moi.
Maintenant, je n’ose plus offrir les livres que je lis parfois. Les titres primés par le jury sont des livres qui s’achètent et ne se lisent pas comme les chansons que l’on prime à l’eurovision
sont toujours celles qui ne se chantent jamais.
Quand messieurs les éditeurs veulent se faire un honneur à rééditer un titre du passé et lui mette de l’or nouveau. Et quand la télévision de fait une (…) vierge, elle ressuscite quelqu’un de mort et nous oblige à voir ce qui nous avait déjà enchanté il y a quarante ans.
Quand dans les scènes idylliques osées s’éteignait peu à peu l’image et apparaissait un champ de marguerites, avec un petit agneau né récemment, à l’ombre d’un bon égrenage de violon.
Seulement, à nos descendants, les images ne leur plaisent pas, et à nous non plus le coeur ne nous donne pas des envolées, pas pour les fantaisies passées, ni pour les épisodes actuels faits en série.
Avant, à voir les films qui, normalement avaient un dialogue et un argument, tel spectateur nécessitait parfois faire un effort pour comprendre.
Si l’on voyait deux amoureux au lit, et une main qui par-dessus les draps éteignait la lampe, nous pensions tout de suite qu’ils étaient amoureux suivant ce que nous avions imaginé.
Mais ce feu malin avait une certaine propreté picaresque et la plupart des fois un enchantement subjuguant.
Le fait qu’actuellement on nous montre ce qui suit sans éteindre la lumière ni couper la scène au moment du baiser, à moi ça ne me gène pas et je pourrais même le supporter, dans certains cas.
Ce qui me semble insupportable et angoissant c’est de voir les acteurs ( la plupart des fois, remarquables ) accepter par nécessité des rôles dans lesquels il n’y a rien d’écrit, pour faire tant de kilomètres de pellicule sans dialogue ni musique ni argument qui vaille la peine. Quand je pense aux moyens dont ils disposent et au prix scandaleux d’un seul mètre de pellicule filmée. Et quand je pense aux excellents photographes et autres collaborateurs pour nous faire, à la fin une ration de vue sans fondement et, la plupart des fois vide d’enchantement.
C’est que le public d’aujourd’hui nécessite l’image, le son et les effets sonores et l’impression.
Tout ce qui est (…) facile de recevoir sans grande peine, même si le tympan explose.
Je conserve encore une photographie ou j’apparais à coté de Doña A.P.
Elle assise, souriante et me caressant le dos avec la main, et moi debout, lisant avec la tête pelée et une chaussette tombée et l’autre montée jusqu’au genoux.
Très souvent je contemple cette photographie faite sur une toile de fond presque romantique,
peinte à la main qui se termine dans le sol à la hauteur de ma chaussette et en ligne horizontale sur le terrain du patio.
Le terrain ou nous jouions y apprenions l’horloge. Le terrain sur lequel nous dessinions avec un bâton de … le grand cercle de la sphère.
Très souvent je montrais à mes enfants cette photographie. Qui arrivèrent à un age avancé sans savoir comment marchent les aiguilles.
A l’age de la communion je crois qu’ils possédaient une montre et la regardaient, mais ils finissaient toujours par me demander l’heure. Destin bien distinct.
Moi quand j’ai communié je savais déjà à quelle heure je vivais, mais j’ai du compter les coups de la ( roue ) durant beaucoup d’années pour arriver à acheter une montre.
Curieux destin !
Quand je le leur dis ils se moquent de moi.



Le cercle, est rectangulaire, on appuie sur un bouton et l’heure s’allume, on appuie sur un autre et ils savent l’heure et le mois.
Le mouvement du bras fait marcher le mécanisme et sert presque de réveil avec une espèce d’ultrason, et, si on le désire, la minuterie se bloque et on compte le temps sur le temps qui passe.
Ils ont jusqu’à l’avantage que lorsqu’il s’arrête il n’y a plus à le jeter et en acheter un autre.
Parce que tout cela est passé y compris à l’histoire. Il y a des montres qui possèdent une calculatrice, comme cela les jeunes de la nouvelle génération peuvent faire des sommes et des restes et multiplier et diviser. La plupart ne seraient pas capables de les faire eux seuls.
Moi j’ai vu des queues énormes à la porte d’une charcuterie, comme en temps de guerre, et c’est que la calculatrice était tombée en défaut et ils étaient tous derrière le (…) comptes avec les doigts.
Et pleins de sang !
Mais c’est aussi passé à l’histoire. Maintenant nous allons déjà beaucoup plus loin, avec la sagesse. Doña Carolina nous racontait un conte dans lequel il était question d’un bâton magique qui allait et frappait de bons coups de bâton à qui son possesseur le lui indiquait. Ainsi le bâton magique pouvait à tout moment défendre son maître contre les bandits qui venaient le voler. Ce pouvoir qui illusionnait nous les enfants. On n’a pas encore inventé cette arme de défense inoffensive et c’est dommage mais c’est pareil parce qu’il existe déjà une voiture qui parle et obéit. Elle parle de son conducteur s’il lui donne l’ordre de démarrer, elle démarre et, une fois programmé l’itinéraire, si le conducteur se trompe de route la voiture lui dit que ( n’est pas ) et se met à protester.

Pour acheter la peinture et la première toile ce fut comme une histoire d’amour. Depuis l’idée et le désir de peinture et la réalisation des premiers coups de pinceau, il y eut un temps de réflexion et un large et pénible espace de méditation.
Comme certains amoureux de cette époque conservent les monnaies qui étaient les arrhes
( 13 monnaies de l’époux à l’épouse ), ainsi je réunissais celles que je pus pour acheter les couleurs. Moi je voulais toutes les couleurs. Je ne voulais pas commencer avec seulement quelques couleurs. Moi je voulais toutes les couleurs.
Depuis que je commençais, je voulais être riche dans la palette. Je me chargeais ensuite de faire les mélanges. Mais on ne peut pas mélanger si on n’a pas la pâte.
Il fallait aller à Zamora pour acheter le nécessaire et se lever tôt et prendre le train et passer la journée dans la capitale, ce qui était aussi mon premier grand voyage.
A cette époque pas si éloignée, 32 km. C’était déjà la grande escapade. Certains torésanos disaient adieu aux voisins le jour d’avant. Parce qu’aller si loin, et tout un jour entier, il était digne de le faire savoir.
C’était un grand secret.

Quand j’eus plus d’argent que j’en nécessitais, pour ne pas être ridicule et pour ne pas passer pour être du village dans la capitale je fis une liste des choses nécessaires, et je pris le train du matin, et pour être sur de ne pas faire le voyage en vain, je fis l’achat de tout et donc j’arrivais à destination de bonne heure, depuis le train, j’allais directement à la librairie ou je savais qu’on me vendait tout ce dont j’avais besoin. J’avais la tête tellement dégagée et l’esprit tellement ouvert que je n’eus pas besoin de regarder la liste que j’avais faite à la maison. Tous les prix m’étaient gravés à force de me paraître chers.
40 pesettes, une toile me paraissait une fortune, et chaque tube de peinture de la taille d’une pommade pouvait coûter entre 5 et 12 pesettes, et les pinceaux et les diluants.
Je me suis permis la fantaisie de gagner jusqu’à 20 pesettes en huile de noix. Pour le jour de cette fête.
Si le tableau sortait mal, moi je ne voulais avoir aucune excuse.
Quelques moments après je sortais de la librairie avec une toile dans une main et trois ou quatre paquets dans une autre.
Comme cela m’était égal de revenir vers en haut ou vers en bas, je commençais à marcher et mourrais d’impatience, condamné à passer la journée avec les mains occupées, je m’assis sur un banc devant Viriato et a admirer le contenu des paquets. Les tubes de peinture sentaient mieux que ce que c’était. Les trois ou quatre groupes de tubes de différentes couleurs, me faisaient sentir plus riche qu’avant. A mesure que les heures passaient il me semblait que le prix payé pour tout cela était un gaspillage mais en réalité ils n’étaient pas aussi chers qu’ils m’avaient semblé, et qu’à moi cela me semblait un gaspillage impardonnable au moment de payer, maintenant, j’étais si content de l’achat, que tout me semblait chaque fois moins cher et raisonnable.
Devant Viriato, j’eus le temps de regarder les tubes et les prix plusieurs fois. La taille était la même, mais les prix non. Après tout, j’avais déjà payé le billet de train, et il me restait de l’argent pour acheter plus de tubes bien avant de rentrer à la maison.
Mais je décidais au contraire d’aller tout de suite les acheter. J’achetais deux autres tubes de blanc de zinc et d’argent sans savoir exactement, parce qu’ils s’appelaient ainsi, ni la différence qu’il y aurait entre les deux. Ainsi j’en profitais pour dire à la dame de faire un paquet de tous les achats et de me le garder jusqu’à l’après-midi.
Moi je viendrais le chercher avant l’heure du train.
Cette femme me parut très aimable.
Dans la matinée la librairie m’avait parue immensément grande.
Dans la vitrine il y avait quelques travaux d’art et biographies des grands peintres ornées de statuettes d’escargole, articles de dessin autour d’un chevalet de studio. Sur le chevalet ils avaient mise une toile à peindre, complètement propre d’une blancheur de rêve, et, à coté, sur un tapis, multicolore, une palette avec les pinceaux de six couleurs du spectre.
Tout cela me faisait rêver.
Mais quand je revins, un peu plus tard, acheter plus de peinture et laisser les paquets, tout me semblait avoir changé. La dame me reçu pleine de sourires avec une amabilité qui me laissait coupé. Elle me parlait comme si elle me connaissait il y a déjà bien longtemps.
C’était une femme d’expérience qui probablement m’avait observé, quand j’étais devant la vitrine.
Dans ce cas, il n’est pas étrange qu’elle me connût un peu, en regardant vers l’extérieur, à poitrine découverte, les idées se savent par l’objet des regards qui passent. Son amabilité était démesurée, comme son enthousiasme, mis à nu. Ce n’était pas la tactique du vieux commerçant égoïste qui traite le client. J’étais bien petit pour cela. L’affabilité de cette dame envers moi, dans ces moments, c’était autre chose.
Plus grand et digne. Elle, m’avait observé, mais moi aussi je l’observais elle. Sa délicatesse à me faire le paquet, le soin et l’attention avec lesquels elle avait enroulés les pinceaux un à un, séparés par une feuille de papier gris. Elle manipulait tout avec respect et avec calme, pour me donner ce plaisir comme si j’étais un caudillo ou un prince.
Et, encore, quand elle finit de tout envelopper, pour dissimuler davantage comme sachant déjà d’avance que je ne fais pas partie de ceux qui ratent le train, elle osa me dire en souriant :
« N’oubliez pas de passer le reprendre » (…)
Si elle me le disait, parce qu’elle savait bien que ça ne pouvait pas arriver, c’est qu’elle voulait me faire sentir la liberté de me croire distrait, et libre d’avoir été observé.
Quand plus tard, à la fin, je me vis de nouveau en chemin vers la station, avec les paquets, après avoir dit mes remerciements à la personne qui me les avait gardé et « à très bientôt » évidemment le soleil (…) avait inondé la muraille de Zamora d’une lumière neuve et dorée.







Il semblait que les gens me regardaient, au moins moi je sentais les regards. A cet age, il suffit de peu pour se croire riche et puissant et les gens découvrent tout en passant. ( La alufria )
Resplendit et le regard s’illumine, et éclaire les gens qui marchent à coté du jeune enthousiaste.
Comme j’avais une toile ( malgré qu’elle était couverte …) main, sans peindre, j’étais déjà peintre et les autres paraissaient le savoir.
Quand, dans la nuit, j’arrivais à la maison, je cachais tout. Personne ne devait rien savoir, pour le moment. Moi je trouverais un coin tranquille ou m’installer et ou je pourrais placer un modèle. Dans le train, j’avais déjà pensé à ce que je voulais faire. Le premier tableau que j’allais peindre, serait une brassée de fleurs champêtres, et dans l’imagination c’était déjà une œuvre d’art. Moi je prendrais tout mon temps pour le faire.
Si les fleurs exposées se fanaient avant de terminer l’œuvre, je sortirais en chercher d’autres. Mais inclus après avoir acheté la peinture et la toile, je pris encore quelques jours de réflexion.
Je ne veux pas commencer à n’importe quel moment, j’avais besoin d’un jour ou deux propres et complets et d’un moment de calme et de rêve, un peu comme les fiancés qui attendant le premier baiser, élisent le lieu et le premier moment.
L’attente de l’amour est déjà un délice; la méditation devant une toile propre est toute une idylle. Surtout si l’amour est le premier, balbutiant, aussi malhabile que le premier coup de pinceau.
Quand je finis de peindre ce tableau aucun signe de timidité ne m’envahissait déjà plus et j’ouvris les portes de part en part pour montrer mon œuvre avant qu’elle ne soit sèche. C’était des marguerites et des coquelicots y des bleuets plantés dans une marmite de terre cuite dont j’avais remplacée l’anse par d’autres pour que cela ressemble à une jarre. Tout un fond obscur et sur une nappe lisse et blanche. Un tableau, bon ou mauvais, c’est un peu moins comme un fils plus ou moins robuste, que la maman montre avec satisfaction lorsqu’elle accouche pour beaucoup …
Moi ce jour là dans la forme je pensais avoir accouché, et le premier fils était riche de toute couleur. Je décidais d’utiliser les tubes que je choisit dans la librairie de Zamora en plus des mélanges que j’avais osé m’aventurer à faire : dans un seul premier fils, diverses familles complètes de couleurs.
A partir de cette explosion de couleur, c’est certainement ma mère la personne qui me fit le plus de compliments et celle qui de plus près ait regardé est… la seule sœur.
Mon père, en revanche, ne se confronte seulement à moi pour me faire quelque reproche.
C’est pour cela que la présence de ma mère fut pour moi la plus utile dans ces moments si difficiles des premiers accouchements. Ses reproches, étaient intelligents et j’en avait besoin, et les acceptait. Il était sourd, comme un pot, comme on dit, mais il avait beaucoup de vue et à force de regarder, il s’était habitué à voir juste. Sa première impression mettait à découvert mon manque d’expérience, tant dans le dessin, comme dans la couleur.
Mais il ne savait pas occulter sa satisfaction de me voir peindre et quand je n’étais pas à la maison, si quelqu’un venait en visite, cela l’enchantait de montrer mes natures mortes.
A part l’aide de la famille, parents et frères, je n’en reçu jamais d’autre.
Ce fut toujours un splendide conseil.
Elle me sortit de la baignoire, me sortit l’argile de la main et m’emmenât à (…) pour que je puisse assister à une école de dessin. Plus tard, quand j’étais déjà de retour à Toro, elle me conduisit à Paris pour que je puisse aller copier au Louvre à travailler à autre chose qu’à faire des briques. Toujours en traitant de me faire comprendre de moi je méritais quelque chose de meilleur.

« En réalité, - me disait-elle avec fréquence - il est vrai que nul n’est prophète en ses terres ». Si tu restes à Toro, que vas tu faire ? mais moi je rêvais avec Toro. A part le temps limité que je passais au Louvre, traitant de copier Murillo, le reste était de l’ennui et de l’angoisse.



Moi je l’avais observé plusieurs fois, en quelques occasions.
Lorsqu’un groupe de touristes ou une famille d’étrangers inconnus entraient à la Colegiate, il se mettait dans un état très nerveux et déambulait rapidement d’un autel à un autre en arrangeant quelque chose et en mettant de l’ordre dans un quelconque candélabre.
Après il s’asseyait dans l’orgue et laissait s’échapper d’un coup les notes les plus fortes d’une fugue inconnue, quand les touristes s’étaient aventurés vers le centre. Il est curieux d’observer l’effet que les vibrations d’un orgue peuvent faire sur certaines personnes.
Les hommes, qui étaient entrés dans l’église de leur promenade en commentant l’age des pierres du chapiteau, d’un coup, à entendre le sifflement des aigus entre les graves, adoptaient un air de cérémonie et baissaient la ( cervial ), et les femmes s’attardaient devant les images pour signifier que leur visite n’était pas exclusivement touristique.
L’orgue, subitement, leur avait donné le goût d’une douce ferveur, mais deux mondes s’étaient créés, réunis et distincts. Le pagane et le divin, celui du ciel et celui du monde ; celui des touristes, étrange et absurde parfois et bien des fois, et celui de Monsieur le curé, avec son orgue, et avec sa paroisse.
Le temple, la maison de dieu dans laquelle les siècles n’existent plus et dans laquelle l’age des styles confondus n’ont déjà plus d’importance pour les passants.
« Les enfants - me disait-il - sont les premiers à observer que la poupée en haut de l’orgue bouge les mandibules quand je joue ».
Et c’est presque toujours à ce moment que se cassait le gel et se produisait le petit miracle :
Monsieur le curé de la paroisse descendait un peu du ciel des grands airs et se faisait interprète de chansons populaires plus populaires que les toccatas et les grandes fugues.
Et à nouveau je me complaisais d’observer dans la physionomie des touristes un nouveau et profond changement.
Le prêtre connaissait à merveille « la parrale » et le « hay hay hay hay, ne me mets pas dans la rivière » « Ne me fait pas souffrir » mélangé aux notes d’un véritable … terrestre qui faisait le plaisir des visiteurs.
Le gel était fondu, le contact s’était créé, le silence de l’église avait disparu, c’était monsieur le curé celui qui parlait déjà, plus fort qu’eux, les touristes et chrétiens se donnaient la main pour sortir visiter le portique de la gloire, en gardant la surprise de la mouche pour la fin de la visite.
La mouche du tableau. (3)
Parce que la “ mouche ” la véritable, tombait, et tombait en sortant, monsieur le curé ne disait pas que non, comme disait le corbeau de Sancho Panza, « du moment que l’on gagne quelque chose, on ne perd rien ».
Les deux grelots de la mule … se confondaient avec le “ Quizas, quizas, quizas ”.
L’air du boléro de l’orgue en quelques minutes avait dans l’église approché les cœurs.
La technique était de circonstance, mais ce qui coupait était le résultat, qui était, en effet, toujours excellent.
Le prêtre m’avait regardé et … si loin me dit : « Vous ne devez vous occuper de rien, moi je communique avec la vierge, et eux ils font tout. » Essayez de vous tranquilliser et de tout supporter avec courage.
Mais moi j’étais tranquille. Moi je me rendais compte qu’en ces moments…
Et c’était absurde mais si important que je ne pouvais penser à autre chose.
Le moment du présent m’occupait tout entier. J’aurais préféré être seul avec mon père.
Moi j’avais besoin d’être avec mon père, mais j’avais aussi besoin de ceux que je ne pouvais pas laisser seuls très longtemps.
Quand le monsieur et lui prirent congé de moi, en fermant la porte, je me rendis compte que je restais seul.
Mon père était mort.
Je m’approchais de lui et lui pris les deux mains et lui parlais à voix basse.

(3) Confer le tableau de Fernando Gallego : la vierge à la mouche.
Pour la première fois je lui parlais sans nécessité de crier et confiant que cette fois il m’entendait.
Il était si sourd ! Je baissais la tête à coté de la sienne et je fus en train de lui parler et entre les choses que je lui disais je lui faisais également des reproches. Doux reproches !
Je lui demandais pourquoi être venu si content, pourquoi ne pas m’avoir préparé, pourquoi ne rien avoir dit, ni une plainte, ni un mot. Quel tour ! Quelle surprise ! –
Mais il ( ou je ) ne pleurait pas, ne souffrait pas.
Ces moments là j’avais besoin de les passer avec lui comme ça, en lui tenant les mains. Visage contre visage pour ne pas les laisser passer sans moi l’ultime…
Je ne sais pas en réalité le temps que j’ai passé comme ça. Ca ne suffisait pas pour me convaincre.
Ainsi ils appelèrent à la porte et ils me semblèrent interrompre une conversation importante.
C’était un ami, avec un catalogue et les photos, et les prix des derniers services et le prix des cérémonies de distinctes catégories.
Moi je ne pus rien regarder.
Je ne comprenais toujours rien de ce qu’il me disait.
Il faut le faire vite, avant qu’il se …. Je comprends ta situation et tu dois me pardonner mais comme c’est la veille du Christ je suis seul. Tu devras m’aider.
Toi à monter le cercueil et à le recouvrir d’un linceul.
Cette phrase si cruelle, me fut prononcée à voix basse et avec une sincère affection.
La délicatesse de cet ami, qui n’avait pas d’autre issue que d’accomplir son obligation, ma laissa encore plus ( harovizado ).
Tu seras capable ?
Je lui dis que si, sans doute si. Seulement je ne dois pas sortir d’ici, je ne peux pas laisser mon père seul, et fermer la porte derrière moi.
Il partit chercher la boite que lui même m’avait conseillé et tout de suite au retour, en effet, il me dit que je devrais fermer la porte et descendre l’aider à la monter, en faisant attention aux jeunes de l’hôtel et qu’aucun client ne nous croise dans le couloir sans …
Un garçon gardait entre-temps en se dissimulant la porte du bar, et à monter les escaliers, avec le cercueil vide, … d’un bout à l’autre…aux heurtoirs… idée qui vint en réalité tous les comptes faits, le plus désagréable de la mort est l’artifice.
La mort elle même si elle est naturelle est simple et honorable.
Tout ce qui est autour est répugnant.
« Moi j’ai l’habitude tu verras ce n’est pas difficile toi fais ce que je te dirait ». En quelques minutes, tout était terminé, et avant de partir, cet ami me tendit la main et en s’enlevant … depuis le dessus il me dit : Je ne te dérange pas plus, pardonne moi. J’ai l’expérience de ce que c’est …ça…pour les uns plus que pour les autres…et il disparut, très vite, me laissant à nouveau seul. Plus seul. Chaque fois plus seul.
Cette fois je ne parlais pas avec mon père …après l’avoir moi-même déposé dans le cercueil je ne pouvais pas me permettre de fuir la triste réalité. J’étais horrifié de ce que j’étais capable de faire.
Une autre fois on appela à la porte et c’était un ami qui faisait partie du personnel de l’hôtel qui m’amenait les enfants et qui me disait aussi à voix basse à la porte, « Pendant tout ce temps j’ai réussi à les distraire comme j’ai pu mais maintenant ils commencent à s’inquiéter ». Qu’est-ce que je fais ?
Dis-leur qu’ils montent à leur habitation. J’allumais les bougies et je fermais la porte à clef et j’allais dans le couloir les attendre.
Quand nous fûmes à la fin ensembles dans l’habitation, qui étaient contiguë à celle ou mon père décédait seulement quelques minutes avant, je leur dis de sortir à nouveau et de m’attendre dans la jetée.
« Je ne peux pas m’occuper de vous »
Ils me dirent qu’ils voulaient entrer chez grand-père.
Je ne savais pas quoi leur dire.
Je leur dis tout comme je pus, que nous avions allumé les bougies et, que j’étais vêtu pour les fêtes parce qu’il était mort, mais que nous nous ne pouvions descendre au Cristo.
Je vais chercher ma cousine, et après je vous laisse entrer et nous restons déjà avec lui, mais soyez bons et attendez moi dans la jetée.
Le village était vide à cette heure du dimanche, la veille. (4)
Cinq minutes plus tard j’étais déjà dans l’hôtel à essayer de téléphoner en France mais je ne pouvais pas obtenir la communication.
Les petits étaient une fois encore en train de parler avec le barman, qui leur posait des questions et leur avait donné ...
Je les laissais et montais à l’habitation.
Cela donnait du respect d’ouvrir et cela faisait peur d’entrer et faisait de la peine de voir que rien n’a bougé excepté la flamme des deux bougies.
Un ami vint le premier m’embrasser. Il était venu à l’hôtel prendre un café et monta embrasser les main de son père « ces mains me dit-il, peuvent s’embrasser, ce sont les mains d’un travailleur ».
Il resta très étonné de le rencontrer en veillée « Tout a été très rapide ». Si, très rapide.

Il n’y a pas à l’intérieur de l’église, le même air qu’à l’extérieur. Le jour n’est pas jour, et la nuit, à l’intérieur de cette enceinte brodée d’étoiles ... d’or et de velours devait se couvrir de reflets étranges de ...

Spécialement parfumé est l’arôme de l’encens, l’haleine des fidèles mêlée avec celui des bougies, qui montée au plafond le plus haut, descend jusqu’au sol, une fois les portes fermées
Suavement mélangée de bois et d’huiles, pour s’incruster dans les arêtes ouvertes des vieilles pierres. Parfois, durant le jour, un courant d’air réchauffé par un rayon de soleil, élimine ce parfum exquis et soudainement laisse apparaître sur notre visage, un souffle d’air glacial, et humide et acide au goût de sel.
Les murs du temple respirant. L’ambiance est riche. Le bois se croise et travaille et se conserve.
Et les siècles passent et les générations passent.
Les baptêmes, les noces, les enterrements.
Chaque atome que nous voyons flotter dans la lumière, est imprégné de larmes et de joies déjà sèches et passées. Dans la balance de l’autel nous ne trouvons pas en poids et seul nous reste l’humble avantage de pouvoir méditer et nous pénétrer de notre petitesse.
Petitesse ! Extrême parole !
Etant seul, dans ce monde immense et sacré ... chaque temple, la première idée qui vient à l’esprit est l’horreur de notre bassesse et la douleur de notre insignifiance. Sans me donner des coups sur la poitrine, comme ce publicain de la parabole qui montait prier à la synagogue et se faire pardonner, moi j’ai senti planer sur ma conscience toute l’essence de ma confusion.
Sans me donner des coups sur la poitrine, ce qui veut dire sans aucune repentance d’être coupable. C’est l’angoisse du remord avant de pêcher, coupable de ne pas être capable d’atteindre suffisance et dignité.
Comme si devant et au milieu de cette mer d’éternités célestielles notre insignifiance nous dicterait la peur de naufrager, avant la tempête, arrivée la tempête.
Cependant, ainsi assis sur le banc de l’église, ainsi millado (?) fait tout petit et réduit qui m’interdisait le privilège de prier je sentais des récompenses de grandeurs invisibles qui m’entouraient et me portaient comme de l’espérance.
L’espérance ! Belle parole !
On dit de l’espérance qu’elle est verte, je la voyais peinte dans les murs blancs, et c’est en sortant de l’église que je sentais l’impression d’avoir changé.

(4) La veille du Cristo, c'est-à-dire du jour de la procession à « La Ermita », le chemin de
croix..
Le monde extérieur me paraissait à chaque fois plus petit, et cette idée me rendait plus grand.
Dehors, tout était une illusion.
L’esprit s’ouvre de part en part en poussant la porte de l’église. Tout à coup les cinq sens se réveillent et se mettent à l’affût, à fleur de peau. Dans cette enceinte sacrée, je suis capable de recevoir le son le plus imperceptible et de sentir le parfum avec une délicatesse spéciale.
Ho !, ce n’est pas que j’étais un fervent dévot.
J’étais à peine un bon chrétien. A cette époque je n’avais pas encore d’épine à arracher. J’avais déjà lu les évangiles, sans comprendre grand-chose ni être capable de me situer dans le temps.
Seules quelques paraboles qui me furent expliquées plusieurs fois avaient pénétré dans mon esprit.
En réalité la seule chose que j’avais lue avec une singulière attention fut l’interrogatoire que l’on fit à Jésus dans le prétoire. Ce jugement dissimulé m’avait contrarié et ( sablevado ) depuis un age de raison et parfois les questions et les réponses me passaient par l’imagination à n’importe quel moment du jour ou de la nuit. Je me souviens que cette seule page de l’évangile
m’inquiétait sans cesse pendant beaucoup de temps et si je m’aventurais à lire les autres chapitres c’était parfois pour seulement chercher les motifs ou les excuses de ces accusations et la raison exacte de la condamnation.
C’était presque tout ce que je connaissais de la vie publique de Jésus et cela me suffisait pour croire en Lui sachant qu’il avait été victime d’une justice exorbitante.
Mauvais ou bon, j’étais, par-dessus tout, chrétien.
Quand je rentrais dans une église, je savais ou je me trouvais, et je me sentais heureux parce que là je pensais en beaucoup de choses qui flottaient autour de l’imagination et dans le calme de l’enceinte elles semblaient venir se poser sur moi. Les idées s’éclairaient et me caressaient la peau et c’était ce contact qu’elles venaient chercher.
Il m’a toujours plu d’abandonner la pensée – mais j’étais seulement capable de le toucher dans cette quiétude ancestrale, de le détenir et ce privilège du contact avec moi-même m’ilusionnait.
C’était penser et penser en ce que je pensais et presque sentir la pensée et le modeler et, combien de fois, une cause d’inquiétude ou une idée ( embollada ) de l’extérieur, à entrer là s’évanouissait et revenait en force en me laissant dans le palais le goût agréable d’une satisfaction fugace.
Moi je venais à l’église par plaisir, de la même manière que lorsque j’étais enfant je montais
au ( negrillo ) le plus haut et restais là-haut assis dans les branches, jusqu’à ce qu’on m’appelle à grande voix. Le fait de toujours avoir vécu à la campagne, m’avait donné ce goût suprême des grandes solitudes. Mais je venais bougé par la foi et pénétré du drame divin.
A cette époque heureuse ou le bien et le mal peuvent se confondre je savais encore que le mal existait et le bien était évidant, seulement la frontière qui allait avec eux, je n’arrivais pas à la définir. Ho !
Moi je pouvais changer de place sans courir un grand risque, en tamisant le mal que je connaissais, presque tout entrait par le tamis. C’était cela, sans doute, le secret de cette félicité complète de l’enfance.
C’était cela la raison de l’exemplaire souplesse des enfants qu’on mettait comme exemple.
... et que se répétait avec tant d’insistance.
J’allumais de nouveau les bougies, et je laissais un peu ouverte la persienne et le visage de NP brillait et se transformait, avec un reflet oscillant. En peu d’heures son visage avait changé et durci.
J’examinais depuis divers angles le visage froissé et cicatrisé par le couteau des années et cicatrisé par le travail.
Les rides plus profondes avaient été taillées il y a déjà beaucoup de temps, par l’infortune et la douleur. Je pouvais lire maintenant dans les lèvres de cet homme comme dans un livre ouvert et abandonné
A moi je n’avais pas osé écrire sur lui aucun signe d’inquiétude.

Aucune souffrance récente n’avait froncé le front. Aucune grimace de peur laissée par de dernier soupir. Tout le mal était très loin. NP dormait, tranquille.
Le nuit d’avant, il me disait avoir dormi très bien, «



--

Der den Pfennig nicht ehrt, des Talers nicht wert.

Posté le 30.09.2007 par christiandiez
Manuel Diez Matilla (1928-1991)





Textes autobiographiques mis au propre et traduits par son fils, Christian Diez Axnick.
























































... de près.
Déjà. Les fois ou j’étais seul, dans l’église lorsque distrait je me retournais pour le regarder je recevais dans les épaules la sensation d’une menace.
... la personne qui m’aimait le plus à cette époque me disait : “ Tu n’as pas peur, toi seul dans l’église ? Surtout qu’il ne t’arrive pas d’inviter personne, au cas ou. »
En effet, les gens disaient que Barrona était capable de venir manger à la maison de qui l’inviterait.
Comme cela, dans l’intimité de l’église il semblait respirer ...
Parfois il paraissait avoir changé de place. Parfois son sourire était plus ironique que cruel.
J’eus le souvenir qu’en dessinant je lui cachait la bouche avec la main pour éviter le sourire ( avec ma main, sans le toucher, bien sur, déjà que je ne crois pas avoir touché ces sculptures avec mes doigts ni une seule fois ).
Une fois la bouche couverte, barrona, sans le sourire, paraissait encore plus mesquin.
Seuls les yeux suffisaient à manifester l’âme ( de hocubie ), insensé. Irresponsable. Habitué, il a vu les autres condamnés désespérés et la mansuétude de Jésus le remplit de fureur. Cela c’est, sans le sourire et sans sarcasmes, les yeux restaient emplis de fureurs. Celui là est Barrona
... Une autre chose pourrait se dire du pharisien qui faisait face à Jésus, en équilibre contre un mouvement brusque. Il arrache déjà de toutes ses forces et avec ses deux bras la tunique collée aux blessures de Jésus. ( En d’autres temps ce paso eut une autre signification et s’appelait « le tourne cheveux ». Les saints évangiles ne nous disent pas que Jésus souffrit ce supplice qui consistait à arracher les cheveux des condamnés en enroulant une corde dans la nuque et en tirant fort par à coups ). Les confrères, il y a déjà pas mal de temps avaient décidé que le Tourne cheveux serait converti en « nudité».
Il suffit à cet effet de supprimer les vêtements et de mettre à la place une tunique mouillée.
Evidement j’avais déjà mon opinion, je préférais simplement la première version.
Dans les défilés processionnaux, la tunique traversait d’un coté à l’autre du paso, elle coupait beaucoup de visibilité. L’air ne circulait pas entre les deux sculptures et le mouvement se coupait. Les mains de Jésus avancées vers la croix étaient à elles seuls deux œuvres d’art.
Ces deux mains devaient être liées à une extrémité de la corde et de coté opposé par ( la cagoule ) du pharisien. La corde aurait convenu au groupe mieux que le velours brodé.
Ce n’était pas des mains taillées pour être occultées par la soie ...
L’artiste les avait taillées loin des os verticaux, pour accentuer le mouvement de déséquilibre produit par le coup arraché par le bourreau.
En effet ce n’en était pas !
Cet individu trapu et désaligné lui même, le pantalon tombé enseignant la chemise, regardait Jésus de front avec un regard droit et emplit de ...
... ce qu’il y avait dans ses lèvres appuyées en un rictus féroce avait au contraire de Barrona était un sourire noir de haine.
Sarcasmes. Nez aquilin et moustachu, dans la tête ... d’un seul pic terminé en une ... qui tombait sur un froncement de sourcils plein de sombres.
Sur ses yeux il y avait une ...
... qui était de ce personnage étonnant de méchanceté et de regard obscur et douteux une personne pleine de méchanceté.

Le sang avait couru tout au long de l’épée depuis les premières heures de la matinée. Sang égoutté, sec et noirci durant les longues heures passées dans et hors du prétoire. Pilate donna l’ordre qu’on le batte et pensait le libérer. Quelques gouttes de sang fraîches avaient coulé récemment face à retirer la couronne d’épines pour faciliter ( l’expoliacion ) ou le tourne cheveux.




Pour le sculpteur. Le polychromé était presque parfait, jusqu’au plus petit détail.
La bouche entrouverte, le regard humide et brillant se perdait dans le vide comme si Jésus regardait à l’intérieur de lui même.
Bien qu’un rubis de sang qui glissait par la paupière et un autre sur la lèvre de Jésus donnait une impression de douleur et de résistance.
Les courbes de l’avant-bras et des mains paraissaient indiquer elles seules le madrier disposé en ...
Sol et l’un de ses pieds paraissait aussi avancer vers la croix.
Toutes les lignes de la sculpture, en déséquilibre et en mouvement, paraissaient s’offrir au sacrifice. Le même thorax, blessé et ensanglanté de coups de fouet paraissait disposé à tomber vers l’avant sans forces et sans opposition. La nuit d’avant durant la cène, Jésus avait dit à Judas « Ce que tu as à faire, fais-le vite » et le sculpteur parait avoir compris l’anxiété profonde de la phrase. En effet, dans les lèvres entrouvertes de Jésus il y avait quelque chose d’amer mais aussi comme la soif d’une mission.
Les femmes de Santa Catalina lorsqu’elles l’habillaient de la tunique et lui mettaient les trois puissances d’argent sur la tête, le caressaient et le baisaient et le frottaient avec ... d’œuf pour qu’il brille et le baignaient de parfum.
C’était une cérémonie annuelle.
... proche de l’idolâtrie ...
Les autres personnages du paso se contentaient d’un bon coup de plumier lorsqu’on les sortait de l’armoire.
... mais les pieds de Jésus sentaient le nard comme le jour de la cène dans la maison de Lazare.
Moi j’adorais - admirais -ces femmes pleines d’enthousiasme rappelant ...
A certains moments le polychromé avait disparu donnant vue au bois presque nu, surtout à hauteur des jambes, et dans les pieds, qui étaient mal à la portée des fidèles. Les lèvres et les baisers de milliers de chrétiens au cours des siècles, paraissent avoir enrichi la beauté de la sculpture.

La couleur et ( el vétéado ) du bois dans la transparence à travers du polychromé sous les
... et les gouttes de sang, évanouies, donnait à la sculpture une sensation d’épiderme authentique animée de palpitations.
Parfois en voyant Jésus devant moi, je ne pouvais pas moins penser et essayer de calculer combien ... nations de fidèles depuis l’enfance étaient venus le caresser durant les jours de pâques, jusqu’à la vieillesse.
Moi pour ma part je me souviens comme si c’était hier, ce vendredi saint, ou pour la première fois mon père, me prenant sur ses épaules m’indiquant en direction des handas, me mit à la hauteur des pieds de Jésus pour les embrasser. J’étais bien petit entre cinq et six ans et depuis en bas.
... que Jésus était pieds nus ...
... converti en ... pour l’espace de quelques secondes. Monté en haut de tous non seulement je pus voir les pieds, je pus les embrasser sans les toucher et sans retirer ...
... de l’arbre qui me portait.
Il est curieux de penser, quand tant d’années ont déjà passé, et tant d’évènements, comment et pourquoi il y a dans le fond de notre existence des fractions de minutes qui se gravent pour toujours dans la mémoire à coté d’une mer d’heures oubliées et perdues. Je me rappelle bien de mon père en ce moment. Et la sensation du baiser. Surtout je me souviens de la présence de ces pieds déchaussés et ensanglantés et très froids. Je ne savais pas pourquoi ils étaient froids.






En voyant Barrona ..., j’essayais toujours de le surprendre dans d’autres attitudes. Debout, ... de petite stature.
L’évangile dit que les soldats partagèrent les vêtements de Jésus en quatre parts.
... parfois je pensais si ce n’était pas Barrona celui qui aurait eu le premier l’idée de ...
la tunique en ...
Quelques uns en...
Quelques pieds ...on appelait Barrabas le pharisien qui tirait la tunique de Jésus. Question de lui donner un nom. Ce n’était pas Barrabas. Ce ne pouvait être Barrabas. Je ne crois pas que Barrabas, une fois libéré serait resté aux alentours de Jérusalem. ... gracié après avoir été condamné, il serait parti loin ou se cacherait. En aucun cas il ne viendrait au calvaire de peur d’être lui même condamné. Il est certain que les gens appelaient Barrabas une personne désalignée mal vêtue ou de mauvais comportement, et ce pharisien, avec les pantalons tombés, méritait le nom.
Durant l’incendie et les jours qui suivirent, s’opérèrent au village toute ... d’hypothèses et de commentaires comme en toute classe d’accidents il fallait trouver le coupable, le responsable, ou, au moins, le simple motif ou la cause de l’incendie.
Moi je pensais pour moi même, que si ce jour j’aurais pu venir dessiner à l’église comme les années antérieures, peut-être ne ce serait-il rien passé.
Qui pourrait le savoir ? Cette année, à cause du travail, je n’eus pas d’attention à venir.
Le dessin et la peinture était seulement un plaisir qui passait après les autres obligations, une fois le devoir accompli, et de toutes les manières la décision de partir vivre en France était prise.
La fumée de cette fournée de briques, qui montait au ciel en même temps que la fumée de Santa Catalina, et prenant la même direction dans l’atmosphère, était aussi la fumée et ( las morceñas ) de la dernière fournée. Un peu après, ... de mon existence devait prendre aussi dans l’espace une autre direction bien différente.
Il y a des moments et des fractions de minute dans notre existence qui se gravent avec une intensité inébranlable je disais tout à l’heure, mais il y a aussi des jours et des jours sans sentiment, des nuits et des semaines qui passent dans lesquelles il n’y a rien à graver, pour donner fin à une longue période de monotonie, je décidais l’aventure de changer de pays, de partir loin.
Dans ces jours, entre temps, les confrères avaient décidé que la procession du Vendredi Saint s’effectuerait et qu’on sortirait les images des ... de l’église et qu’elle ferait le même parcours et le même horaire. L’idée seulement m’impressionnait déjà. Les confrères transporteraient une croix immense au milieu d’une procession ... et formeraient les groupes dans leur postes respectifs ceux qui devraient s’être chargé des images. La pénitence était, ainsi, presque insupportable.
Mais ce fut ainsi, ainsi la procession sortit et effectua la parcours habituel, ainsi se termina ce Vendredi Saint exceptionnel, dans la matinée et les confrère, à ... ce ..., à se retirer les capuchons, et ... les yeux rougis, ces hommes, ces chrétien à l’intérieur de la tunique, avaient ... pour pleurer et prier.
Jusqu’à ce matin, moi, qui m’habillait de nazaréen depuis des années, en réalité je ne savais pas si l’origine de la ... pas la fonction qui devait s’exercer durant la trajectoire processionnelle.
Simple vue. Très simple ! Les trous du capuchon du nazaréen servent pour voir l’extérieur sans être vu. Le nazaréen ne voit rien.
Le nazaréen va isolé, enfermé dans sa pauvre tunique pour mieux se voir lui même, pour concentrer son attention sur la passion du Seigneur et avoir le temps de comprendre ceux qu’il rencontre à son coté.







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